Créer une SARL/EURL : guide complet et gratuit
Lance ton entreprise avec des associés ou en solo. Étapes simples, coûts, fiscalité, comparaisons.
2 à 4 semaines de démarches, 500 à 1 400 euros de frais de création, et tu as une structure avec responsabilité limitée, pas de plafond de CA, et une image professionnelle solide. Ce guide couvre les différences entre SARL et EURL, les étapes de création, les coûts réels, la fiscalité, et les obligations qui suivent.
C'est quoi la SARL et l'EURL ?
La SARL (Société à Responsabilité Limitée) est une structure pour deux associés minimum. L'EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) est exactement la même chose, mais avec un seul associé. Juridiquement, l'EURL est une SARL avec un associé unique. Si quelqu'un te rejoint plus tard, ton EURL devient une SARL sans formalités lourdes.
Dans les deux cas, ta responsabilité est limitée au capital social que tu as apporté. Tes biens personnels sont protégés en cas de dettes professionnelles, sauf faute de gestion grave ou caution personnelle que tu aurais signée par ailleurs.
| SARL | EURL | |
|---|---|---|
| Nombre d'associés | 2 à 100 | 1 seul |
| Responsabilité | Limitée au capital | Limitée au capital |
| Capital minimum | 1 euro | 1 euro |
| Comptabilité | Complète obligatoire | Complète obligatoire |
| Régime fiscal par défaut | IS (option IR possible) | IR (option IS possible) |
| Gouvernance | Assemblée générale + gérant(s) | Gérant unique (toi) |
La SARL et l'EURL sont le deuxième type de structure le plus créé en France après la micro-entreprise, notamment pour des projets à deux associés ou pour des indépendants qui veulent une structure plus formelle que la SASU mais avec des cotisations sociales moins élevées.
SARL ou EURL : quelle différence concrète ?
La différence principale, c'est le nombre d'associés. Tout le reste (fiscalité, cotisations, obligations comptables, coûts) est quasiment identique.
La SARL implique une assemblée générale pour les décisions importantes, ce qui alourdit légèrement la gestion administrative. L'EURL te permet de tout décider seul, sans formalisme d'assemblée. C'est plus souple au quotidien.
Un point souvent oublié : en SARL, le régime social du gérant dépend de sa participation au capital. Le gérant qui détient plus de 50% des parts est travailleur non salarié (TNS), affilié à la Sécurité sociale des indépendants. Ses cotisations sont d'environ 40 à 45% de sa rémunération nette, mais sa couverture sociale est moins bonne qu'un salarié. Le gérant qui détient moins de 50% des parts est assimilé-salarié, avec des cotisations beaucoup plus élevées (environ 75 à 82% du net) mais une meilleure protection sociale. En EURL, le gérant associé unique est toujours TNS.
Ce point a un impact direct sur tes charges et sur le coût réel de ta rémunération. C'est l'une des raisons pour lesquelles beaucoup d'indépendants solo choisissent l'EURL ou la SARL à gérant majoritaire plutôt que la SASU, qui impose systématiquement le régime assimilé-salarié.
Pour qui, dans quels cas ?
La SARL ou l'EURL sont adaptées si tu crées un projet avec un ou plusieurs associés (SARL), tu veux une structure professionnelle solide en solo sans passer par la SASU (EURL), tu prévois un CA qui dépassera rapidement les plafonds de la micro-entreprise, tu as des biens personnels à protéger, ou tu as besoin d'accéder au crédit bancaire avec une comptabilité complète.
Elles sont moins adaptées si tu testes une idée sans certitude (la micro-entreprise coûte moins cher à créer et à fermer), tu veux lever des fonds auprès d'investisseurs professionnels (la SASU ou SAS sont plus adaptées à cet usage), ou tu veux la flexibilité statutaire maximale dans ta gouvernance (la SAS permet d'aller beaucoup plus loin sur ce point).
Les avantages et inconvénients en clair
La responsabilité limitée est l'avantage central. Contrairement à la micro-entreprise ou à l'entreprise individuelle classique, la SARL et l'EURL créent une séparation juridique entre toi et ton entreprise. Si la société accumule des dettes, tes créanciers ne peuvent pas saisir ta maison ou ton épargne personnelle.
Pas de plafond de CA non plus. Tu peux croître sans jamais avoir à changer de structure.
L'image professionnelle est généralement mieux perçue en B2B qu'une micro-entreprise, notamment pour les contrats importants ou les appels d'offres.
Du côté des inconvénients, la création coûte entre 500 et 1 400 euros (rédaction des statuts, annonce légale, frais divers). Les obligations comptables sont lourdes : bilan annuel, compte de résultat, déclarations de TVA, liasse fiscale. Il faut un expert-comptable, même si ce n'est pas légalement obligatoire. Et des cotisations minimales sont dues même sans revenus : en 2026, le minimum obligatoire pour un gérant TNS en EURL est de 1 255 euros par an selon l'URSSAF, même sans rémunération.
Les 5 étapes de création
1. Rédiger les statuts (2 à 5 jours, 0 à 500 euros)
Les statuts définissent les règles de fonctionnement de ta société : nom, objet social, siège social, montant du capital, droits et obligations des associés et du gérant, modalités de prise de décision, conditions de dissolution.
Tu peux les rédiger toi-même avec un modèle en ligne via des plateformes comme Legalstart ou Rocket Lawyer. Pour une structure simple avec un seul associé ou deux associés aux rôles bien définis, un modèle adapté suffit. Si ta situation est plus complexe (répartition inégale des parts, clauses de rachat, associés personnes morales), l'accompagnement d'un avocat ou expert-comptable (autour de 500 euros) est un investissement utile.
2. Déposer le capital social (1 à 3 jours, 0 euro de frais)
Le capital minimum légal est d'1 euro. En pratique, déposer un capital symbolique fragilise ta crédibilité auprès des banques et des partenaires commerciaux. Un capital de 5 000 à 10 000 euros est plus cohérent pour montrer un engagement sérieux. Tu verses cette somme sur un compte bancaire temporaire bloqué, la banque te délivre un certificat de dépôt que tu intègreras à ton dossier d'immatriculation.
3. Publier une annonce légale (1 à 2 semaines, 150 à 300 euros)
Obligatoire. Tu publies un avis de constitution dans un journal d'annonces légales de ton département (ou via un service en ligne, ce qui est plus pratique). Cette publication annonce officiellement la création de ta société.
4. Immatriculer la société (1 à 2 semaines, gratuit)
Depuis 2023, toutes les immatriculations se font via le Guichet unique de l'INPI. Tu déposes ton dossier en ligne : statuts signés, certificat de dépôt du capital, preuve de publication de l'annonce légale, pièces d'identité, justificatif de domicile. En 3 à 7 jours ouvrés, tu reçois ton extrait Kbis et ton numéro SIRET.
5. Déclarer l'activité aux impôts (quelques jours, gratuit)
La déclaration d'existence auprès du service des impôts se fait automatiquement via le Guichet unique. Tu recevras ensuite ton numéro de TVA intracommunautaire, nécessaire pour facturer et déduire la TVA.
Les coûts réels
À la création
| Elément | Coût |
|---|---|
| Rédaction des statuts | 0 à 500 € |
| Annonce légale | 148,80 € à 207,60 € |
| Immatriculation INPI | 55,93 € |
| Frais bancaires | 0 à 200 euros |
| Total | 204,73 à 963,53+ € |
Fiscalité : IS ou IR ?
Par défaut, l'EURL est soumise à l'impôt sur le revenu (IR) : les bénéfices s'ajoutent à tes revenus personnels et sont imposés selon le barème progressif. La SARL est soumise par défaut à l'impôt sur les sociétés (IS).
Dans les deux cas, tu peux opter pour l'autre régime sous conditions.
L'IS en 2026 s'applique à deux taux : 15% sur les 42 500 premiers euros de bénéfice (pour les PME dont le CA est inférieur à 10 millions d'euros et le capital détenu à 75% minimum par des personnes physiques), puis 25% au-delà. Le taux de 33% du document source est obsolète depuis 2022.
L'IR peut être avantageux en phase de démarrage si tu génères peu de bénéfices ou si tu anticipes des pertes : celles-ci peuvent s'imputer sur tes autres revenus du foyer fiscal. C'est aussi plus simple à gérer quand les montants sont faibles.
Quand choisir l'IS ? Quand tu génères des bénéfices conséquents que tu ne veux pas sortir immédiatement, ou quand tu veux optimiser en laissant des réserves dans la société.
Quand choisir l'IR ? En phase de démarrage, si tu prévois des pertes ou si ton taux marginal d'imposition est faible.
Dans tous les cas, une simulation avec un expert-comptable avant de faire ton choix est utile : la différence peut être significative selon ta situation personnelle.
Cotisations sociales : ce qui change selon ton statut
En EURL et en SARL avec gérant majoritaire, tu es TNS (travailleur non salarié). Tes cotisations représentent environ 40 à 45% de ta rémunération nette, avec un minimum de 1 255 euros par an en 2026 même sans rémunération. Ta couverture sociale (maladie, retraite) est correcte mais moins complète qu'un salarié, et tu n'as pas droit aux allocations chômage.
En SARL avec gérant minoritaire (moins de 50% des parts), tu es assimilé-salarié. Tes cotisations montent à environ 75 à 82% de ta rémunération nette, mais tu bénéficies d'une meilleure couverture sociale.
C'est l'un des arguments principaux en faveur de la SARL/EURL par rapport à la SASU pour les indépendants qui souhaitent optimiser le coût de leurs cotisations : le régime TNS coûte structurellement moins cher que le régime assimilé-salarié imposé en SASU.
Un point spécifique à connaître : en SARL et EURL, les dividendes versés au gérant majoritaire qui dépassent 10% du capital social sont soumis aux cotisations TNS (45%), pas à la flat tax de 30%. Avec un capital faible, cette règle peut rendre les dividendes moins avantageux qu'on ne le pense. C'est une raison supplémentaire de ne pas sous-capitaliser sa société.
Les obligations après création
Comptabilité : bilan annuel, compte de résultat, déclaration de TVA mensuelle ou trimestrielle, conservation des justificatifs pendant 6 ans. Un expert-comptable n'est pas légalement obligatoire, mais en pratique presque indispensable : erreur de liasse fiscale, TVA mal calculée, ou bilan non déposé exposent à des pénalités.
Assemblée générale : obligatoire chaque année en SARL (approbation des comptes), facultative en EURL (tu décides seul par écrit).
Compte bancaire professionnel : obligatoire. Utilise-le exclusivement pour les opérations de la société.
Déclarations fiscales : dépôt de la liasse fiscale avant le 2e jour ouvré suivant le 1er mai pour les exercices clôturés au 31 décembre. Déclaration de TVA selon ta périodicité.
Mises à jour : tout changement d'adresse, d'activité, de gérant ou de capital social nécessite une modification statutaire avec nouvelle annonce légale (150 à 300 euros par modification).
Comparaison avec les autres statuts
| Micro-entreprise | EURL/SARL | SASU | |
|---|---|---|---|
| Création | Gratuit | 205 à 1000 € | 226 à 1600 € |
| Responsabilité | En principe limitée depuis 2022 | Limitée | Limitée |
| Plafond CA services | 83600 € | Aucun | Aucun |
| Comptabilité | Simplifiée | Complète | Complète |
| Régime sociale dirigeant | Micro-social | TNS (~40-45% net) | Assimilé-salarié (~80% net) |
| Coûts annuels | Quasi nuls | 2 000-4 000 € | 2 500-5 000 € |
| Investisseurs | Difficile | Possible mais limité | Adapté |
2 exemples concrets
Jean et Marie, agence marketing digital (SARL)
Deux associés à 50/50, donc deux gérants égalitaires avec statut assimilé-salarié. Capital de 20 000 euros pour crédibiliser leur dossier bancaire. Ils font appel à un avocat pour les statuts (400 euros) car la répartition des responsabilités et les clauses de rachat de parts méritent un cadrage sérieux entre associés.
Résultat année 1 : 150 000 euros de CA. Les coûts de structure (comptable, banque, assurance) représentent environ 3 500 euros par an. La structure leur a permis d'obtenir un prêt de 40 000 euros dès la première année.
Sophie, consulting RH en solo (EURL)
Associée unique, gérant majoritaire, statut TNS. Capital de 10 000 euros. Elle utilise un modèle de statuts en ligne (gratuit) et passe par une plateforme juridique pour l'annonce légale (200 euros). Expert-comptable : 1 200 euros par an.
CA année 1 : 80 000 euros. Cotisations TNS sur sa rémunération nette de 40 000 euros : environ 16 000 à 18 000 euros. IS sur les bénéfices restants (15% sur la tranche jusqu'à 42 500 euros). Elle aurait payé davantage en SASU pour le même niveau de rémunération, ce qui justifiait le choix de l'EURL.
Questions fréquentes